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NOUS SOMMES DES MEUTES DE CHIENS

ASSOIFFÉS DE VANITÉ QUI PARCOURONS LE TEMPS

NOS CONSCIENCES SE SONT ÉCRASÉES SUR L'AUTOROUTE

COMME DES FLAQUES DE VIES LAISSÉES

QUI S'ÉCOULENT AU BEAU MILIEU D'UN PAYSAGE

D'AIRE DE REPOS

NOS GUEULES VIDES DE DÉSESPOIR

CHERCHENT UNE DERNIÈRE GOUTTE DE JOUR

POUR RESPIRER UNE LUMIÈRE

SANS FATIGUE

CE SENTIMENT DE SOI-MÊME

UN MÉLANGE DE COULEURS

QUI NE VEUT PAS DIRE GRAND-CHOSE

ET PUIS NE PAS OUBLIER DE GARDER

UNE FORME TRISTE POUR LE SOUVENIR

ET DE SE RAPPELER QU'IL FAUDRA CHANGER

L'EAU DES FLEURS POUR ÉVITER QUE LA TRISTESSE

NE SE FANE

 

LA PEAU RETOURNÉE DES ANGES

NE BRILLE PLUS ET LES CHIENS D'ARGILE

ONT SÉCHÉ LEURS LARMES

UN NID D'INFORTUNE POUR L'OISEAU

EN DISGRÂCE

 

CETTE NUIT DE QUALITÉ

EN COSTUME DE QUALITÉ

DES HOMMES ASSASSINENT NOS ESPOIRS

CE SOUVENIR DE L'OUBLI QUAND L'OMBRE

RESPIRE

LES APPARENCES

UN VÊTEMENT

AVEUGLE DANS L'HIVER

SORTIR DU LABYRINTHE

BRUIT DE MORT

IL FAIT NUIT QUAND JE PLEURE ET QUE MES LARMES

RESPIRENT UN BRUIT DE MORT

 

LE DICTEUR DE RÊVE À LA BOUCHE FROIDE

LE LINGE QUI PLEURE AU FOND DE LA BAIGNOIRE

ALLUMER UN CIERGE POUR BÉNIR LES OUBLIÉS

LA CARESSE INTIME DES FLEURS

BROUILLARD D'IMPATIENCE

 

ENCHAÎNÉS À LA MISÈRE CES CHIENS AVEUGLES

GUIDENT NOS CAUCHEMARS

LE FRUIT EST MANGÉ

COMME UN CANNIBALE

NOUS DÉVORONS NOS ENTRAILLES MOUILLÉES

LA BOUCHE FERMÉE POUR SE SOUVENIR QUE LES

BRÛLURES SONT DES INITIATIONS INUTILES

IL FAUDRAIT FAIRE DU GRIS AVEC LES MOTS

UNE SORTE DE BOUILLIE

ET REMPLIR LES ESPACES VIDES

DES PAGES GRISES POUR ATTENDRE QUE QUELQUE CHOSE

ARRIVE

UNE SORTE DE RECETTE QUAND IL N'Y A RIEN À DIRE

DES PAGES GRISES DE BOUILLIE ENTRE NOUS ET

UN LABYRINTHE OÙ LA SORTIE MUETTE A CESSÉ

DE CRIER

LE PERDRE

MES MAINS GARDENT LA MÉMOIRE DU POISON

JE VOUDRAIS LES LAVER À L'INFINI

DES PAGES DE SIGNES ÉCRITS AU DOS

DU TEMPS QUI COLLE À LA TRANSPIRATION

DES VERBES INTERDITS

SOULIGNER AVEC LA BOUE LA LIGNE DE CET

HORIZON PARTAGÉ

 

 

 

LA FRONTIÈRE PLUS LONGUE

 PISSER DANS LA BOUCHE DES ÂNES

EFFORT

ASSISE À UNE CHAISE DOUBLE

UNE LANGUE DURE QUI RENTRE DANS

LA BOUCHE

 

 

 

ET LE SEXE SÉPARÉ

LES TROTTOIRS AVARIÉS ONT PERDUS

LA CONNAISSANCE

LEUR DATE LIMITE DÉPASSÉE ILS N'ARRIVENT

PLUS RIEN À SUIVRE QU'UN CHEMIN REMPLI

DE MERDE ET DE SOUFFRANCE

LES CABANES DE L'HIVER EFFONDRÉES

LA TERRE REMUÉE ET LES MORTS QUI REÇOIVENT

ENCORE DU COURRIER

PLANTÉE DANS LE CŒUR UNE MÂCHOIRE ANIMALE

QUI NE MENT PAS

LES YEUX BLESSÉS DANS LE BALANCEMENT DU TEMPS

CE FLIRT DISGRÂCIEUX, CE DISCOUR DISCRET

QUI COLLE AU MUR DES PAPIERS LAVÉS DE FATIGUE

DANS CETTE CARAVANE UNE FEMME QUI REGARDE

DES CENTAINES DE CONFESSIONS

DES CRACHATS PERDUS

DES SANGLOTS DE TRAHISON

DES GIFLES D'INSOMNIE

 

 

 

ET LE SEXE SÉPARÉ

LA LOIE EXTERNE PREND LE DESSUS

LA MATRICE EST UNE PORTE

DES BLESSURES À CHAQUE PIED

TOUT LE MONDE S'EN VA QUELQUE PART

UN CADEAU DE BRAVOURE DANS LES BRAS

POUR TRAVERSER LES FLEUVE

                  DEUX CHAISES SUR UN LIT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DES VESTES POUR DES CHIENS

 

 

LE REFOULEMENT PASSE PAR LE MASQUE

QUI RECOUVRE

LA FERTILITÉ DE CETTE BOUCHE QUI TOUCHE

LE RÉEL

LE GERME

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE DÉSORDRE DE CES MATELAS POURRIS

QUI TRAÎNENT LEUR PUANTEUR DE CES NUITS

SANS SOMMEIL

          LE SUSSEMENT

          POUR OUVRIR SON NOM

 

 

 

 

CRÂNE FATIGUÉ SUSPENDU À LA MÉMOIRE

DES CHOSES

L'EMBOUCHURE DU FLEUVE

DES SOUVENIRS ENFERMÉS

CES ARCHITECTES QUI ONT CONSTRUIT CES VILLES

DE LA TRISTESSE DU MONDE

RIDEAU BAISSÉ

CHARGÉ D'HABITUDES

DE PHRASES OUBLIÉES

DE COULEURS SANS NOMS

D'ÉLASTIQUE FATIGUÉ

UN AMAS DE CHOSES QUI TOMBENT

DES BLESSURES DE SOLITUDE DANS DES CIELS

PERDUS

LE FLEUVE D'ABANDON QUI S'ÉLOIGNE

ET LE CIEL OUVERT

VISIBLE DE NULLE PART

LE CORPS REMPLI D'ENNUI

 

IL A PERDU SA LANGUE DE

MENSONGE

                                                LES CHEVEUX DANS MES MAINS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE MATIÈRE MATERNELLE DANS LA MATRICE

DE LA MAIN.

KOTSUHIROI

WINTER 2016 ©

JE ME SOUVIENS DE CES YEUX BLESSÉS

DE CETTE ODEUR DE TRAIN

SALE ET HUMIDE

DE CETTE PLUIE FROIDE

DE TOUTES CES HEURES POURRIES

UNE PEINTURE SANS DÉLICES

DANS CETTE LUMIÈRE ÉTEINTE

DES ACCIDENTS DE CERTITUDE

CE LANGAGE DU MYTHE

DANS LE QUOTIDIEN DES JOURS

COMME UN ENFER FIGÉ

LE RÊVE SUIVANT TOURNE LA PAGE

LES CHOSES SE SONT FAITES

 

          DÉTOURNER LES YEUX DU CIEL

          SE RETOURNER CONTRE SOI

 

 

 

 

                            PISSER DE L'EAU

 

 

 

ET LES CHEVEUX BLESSÉS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                  LA  SERVITUDE

EN I FR     Text translated from French by Aoi Kotsuhiroi, corrected by Emilie Noteris

                     Special thanks to Salton Rice

J'AVAIS CHAUD                    MAL AU CRÂNE

TU CHERCHES À COMPRENDRE L'INTENTION

DE TES TORTIONNAIRES

IL N'Y EN A AUCUNE

IL FAUDRAIT POUVOIR DIRE MERDE      MAIS AVEC

BEAUTÉ

LE JOUR DU ROUGE

LE PASSAGE

VERTICALE

LE NID

LA BOUE DU DÉBUT

 

UN OS-ARBRE

 

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